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Trois questions à Michel Gioria, directeur régional Ile-de-France Ademe

Trois questions à Michel Gioria, directeur régional Ile-de-France Ademe

Quelles leçons tirez-vous de la crise du coronavirus et de ce qu’elle a révélé sur notre modèle de développement ?

Avant tout, je crois que vu sa nature et son ampleur, cette crise impose beaucoup de modestie. Nous avons constaté et appris plusieurs choses. D’une part, les entreprises et les acteurs économiques ont fait preuve d’une grande capacité d’adaptation. Cela s’est manifesté de plusieurs façons que ce soit à travers la reconversion d’activités (ex. : production de masques ou aspirateurs), le choix de la solidarité (ex : restaurateurs livrant des repas aux soignants ou aux plus démunis) sans oublier la mise en place du télétravail, le déploiement rapide des outils numériques associés, la remise à plat des procédures de validation allant vers plus d’horizontalité des organisations et la généralisation de nouvelles formes d’échanges d’informations (ex : boucle WhatsApp pour partager les informations dans les équipes). Même si les premiers jours se sont faits à tâtons, beaucoup d’acteurs ont pu se reconfigurer et continuer à assurer le fonctionnement de leur organisation. Je pense par exemple aux chaînes logistiques et à l’alimentation des grandes surfaces.

Dans nos différents domaines d’intervention (économie circulaire, chaleur renouvelable, etc.), nous n’avons pas vu de chute de projets. Nous avions craint au départ de voir des projets importants s’arrêter ou de recevoir moins de réponses à nos appels à projets. Mais en écoutant et en nous adaptant (par exemple, en prolongeant les délais de réponses), nous avons laissé le temps à chacun de se reconfigurer et ainsi de continuer à déposer des volumes significatifs de projets. Tout cela est très positif et montre le caractère résilient de nos domaines d’intervention face à cette situation de crise sanitaire et économique majeure.

Nous avons aussi appris que les entreprises ont plus que jamais besoin de visibilité. Beaucoup nous l’ont dit : « même si on parvient à ‘sauver 2020’, qu’en sera-t-il pour 2021, 2022, etc. ? ». Il était donc nécessaire de donner de la lisibilité sur les dispositifs existants. C’est pourquoi nous avons lancé des dispositifs pluriannuels jusqu’en 2022, par exemple sur le soutien aux déchetteries professionnelles pour les déchets du BTP ou sur la collecte des déchets alimentaires. Chaque organisation pourra, en fonction de ses process de décision, de sa trésorerie ou des ressources humaines disponibles, choisir le bon timing pour aller de l’avant sur nos sujets.

Donc au final, nous avons constaté à la fois une très forte capacité d’adaptation, une certaine résistance voire résilience avec une dynamique de projets restée soutenue sur les sujets de la transition écologique mais aussi un besoin de préparer l’avenir avec beaucoup de visibilité sur les dispositifs existants pour, notamment, inciter aux décisions positives des comités de direction et comités d’engagement des entreprises sur l’engagement de nouveaux projets dans les domaines de la transition énergétique et écologique.

Et quelles faiblesses avez-vous constatées ?

C’est vrai que nous avons pu observer certaines faiblesses liées à notre modèle. Certaines sont liées aux choix d’organisation spatiale des activités dans l’espace métropolitain, notamment dans les grandes métropole (Métropole monde). Ces choix sont efficaces quand on veut concentrer des activités, que des personnes créatives se rencontrent, etc. Mais ils ne sont pas toujours performants quand il s’agit par exemple de rapprocher lieu de consommation et lieu de production, lieu de travail et lieu d’habitat… D’ailleurs, au cours de cette crise, les exemples des circuits courts alimentaires et de la production alimentaire locale ont pris tout leur sens. C’est un point important pour nous car l’un des chantiers à accélérer sera de rendre moins vulnérables les espaces métropolitains pour avoir des choix d’organisation de l’espace qui permettent plus de diversité des activités (agriculture, loisirs, production d’énergie, espaces verts…). La consommation, qu’elle soit alimentaire, de détente, de loisirs ou d’espaces verts doit en partie se re-territorialiser, d’abord pour être moins vulnérable à ce type de choc mais aussi pour rééquilibrer notre modèle de développement vers un modèle plus endogène (on cherche à maximiser la part de la richesse qui est créée et qui reste sur le territoire). Pour cela, les choix d’aménagement de l’espace sont déterminants. On en voit déjà des prémices avec les voies vertes piétonnes et/ou cyclables, l’agriculture urbaine et péri-urbaine, l’implantation de FabLabs, le développement de lieux pour le télétravail, les souhaits de développer les forêts urbaines… avec, je l’espère à la clé de l’ensemble de ces initiatives et de ces décisions courageuses et visionnaires en matière d’aménagement, un changement d’échelle et de nouvelles activités qui commencent à se déployer. Ceci constitue un point important et véritablement prometteur en matière de développement d’entreprises. Des marchés relativement nouveaux vont pouvoir émerger sur le territoire. Et cette faiblesse va finalement devenir une opportunité de marché.

Une autre faiblesse dont on tire aujourd’hui les conséquences est que, face à une crise de ce type, il doit y avoir un principe de réalité qui fait qu’un chef d’entreprise, un maire ou un décideur territorial qui connaît son organisation ou son territoire doit avoir la main sur une part importante des décisions qui concernent son organisation. Par exemple, un gérant de commerce ou de restaurant est tenu de travailler en appliquant les règles définies mais il est important de lui faire confiance et de lui laisser une marge de manœuvre pour appliquer ces règles en fonction des caractéristiques de son activité et de l’espace dans lequel il la conduit. C’est la même chose pour un acteur territorial ou pour un élu. A cet égard, la crise actuelle est un vrai révélateur de la puissance de cette intelligence territoriale. Tout cela devrait irriguer le fonctionnement des entreprises et acteurs territoriaux pendant longtemps.

Enfin, au rang des faiblesses constatées, on a touché du doigt la question de l’absence de souveraineté sur certains secteurs d’activités cruciaux comme ceux liés aux ressources (matières premières, secondaires, énergie, alimentation…). A cet égard, la transition écologique doit être un moyen de réintégrer la souveraineté. Car plusieurs de ses sujets constituent une véritable opportunité pour réduire la dépendance et avoir des modes de développement plus endogènes. Sur ce point, des indicateurs étaient au rouge depuis plusieurs années : cela n’était pas au premier rang des préoccupations tant sur le plan politique que dans l’opinion publique. Mais aujourd’hui, c’est le cas et cela constitue des occasions de marché et de création/développement d’entreprises pour les acteurs de la transition écologique.

Justement, selon vous, quelle est la place réservée à l’environnement, aux éco-entreprises et à l’innovation dans les plans de relance et dans votre politique pour la période à venir ?

On a eu des annonces politiques très fortes, que ce soit au niveau européen ou au niveau national. A cet égard, 30 milliards d’euros consacrés à la transition écologique sur les 100 milliards prévus dans le Plan de Relance, c’est considérable. Le tout, dans des secteurs prioritaires comme le bâtiment, les renouvelables et l’industrie. Ce sont des signaux très positifs car c’est de nature à créer les conditions et le développement d’acteurs qui, dans les prochaines années, vont permettre d’avancer fortement en matière de transition écologique et énergétique.

Un autre point positif est que les régions - et, plus largement, les territoires - sont associées à la construction du Plan de relance et elles ont, elles-aussi, marqué le souhait de mettre l’accent sur les questions de TEE. Pour nous, cela signifie que des signaux et des stimuli très importants vont arriver.

L’Ademe associée à la construction du Plan de relance

La construction du Plan de relance s’est déroulée en trois phases principales. D’abord, les différents opérateurs de l’Etat ont été mobilisés pour faire des propositions. Pour sa part, l’Ademe, Agence de la transition écologique, en a fait une bonne quinzaine dans des domaines variés : soutiens ciblés, évolutions de certaines réglementations, etc. Ensuite, lorsque les premières conséquences économiques de la crise se sont fait sentir sur certains secteurs (automobile, aérien, tourisme…), des contributions plus ciblées ont été apportées aux mesures d’urgence élaborées pour ces secteurs. Enfin la troisième phase porte plus sur la structuration même du Plan. Dans ce cadre, l’Ademe travaille avec le ministère de la Transition Ecologique et le ministère de l’Economie, des Finances et de la Relance sur la mise en place du Fonds de décarbonation de l’industrie

Quels messages souhaiteriez-vous adresser aux chefs d’entreprises des secteurs de la transition écologique et énergétique ?

Je voudrais dire aux entreprises que ce n’est pas le moment de lâcher le morceau ! Nous, à l’Ademe, on travaille sur ces sujets depuis plus de vingt ans mais j’ai le sentiment qu’on se prépare à un saut aussi marqué que ce qu’a représenté le Grenelle dans les années 2008-2010 (cf. montants d’aides investis, ambition des réglementations…). La dynamique s’est prolongée mais il n’y a pas eu de saut aussi important depuis. Mais aujourd’hui, j’ai le sentiment qu’on se prépare à avoir un saut aussi important, voire plus, que ce qui a été fait sur nos sujets pour soutenir ces activités.

Donc, je le répète aux entreprises : c’est maintenant qu’il faut tenir bon, même si on est dans un moment très particulier (difficultés de trésorerie, reports de commandes…) pour pouvoir bénéficier de ce qui se prépare, de l’ambition de ce Plan de relance. Comme nous, Ademe, sommes impliqués dans une partie de ce plan, nous regardons avec beaucoup d’attention en particulier la rapidité à laquelle les mesures pourront arriver aux entreprises.

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